L’hyper connecté, un Oedipe qui s’ignore ?

Le complexe d’Œdipe revisité à l’heure d’Internet et au cœur des bouleversements

de l’autorité dans notre société hyper moderne.

Clin d’œil au titre de l’ouvrage de Roy Lewis[1] sur l’appétit insatiable des hommes pour le progrès, l’objet de ce post est de mettre en perspective l’impact d’internet et le déclin de la fonction du père symbolique dans notre société. Les questions que tentent d’éclairer cette note de réflexion portent en partie sur les conflits générationnels à l’heure d’internet et à l’aune du mythe d’Œdipe.

 

Homme - machine un combat perdu d'avance ?
Homme – machine un combat perdu d’avance ?

 

Plus précisément, en quoi le complexe d’Œdipe peut-il nous éclairer sur la problématique de l’autorité et ses bouleversements avec l’avènement d’internet. Peut-on encore tuer le père quand la connaissance est déportée sur le Cloud (le nuage d’internet) ou quand le père  n’a plus les moyens de l’interdit sur le Net ou de garantir ne serait ce que la transmission de la Loi ? Qui transmet d’ailleurs sur internet, qui détient, qui est légitime, qui assure la fonction du tiers séparateur, qui peut-on tuer ? De qui obtient-on la légitimité de devenir soi-même, de devenir à son tour « père » ou du moins d’avoir une paternité même symbolique à l’heure heureuse du « creative commons »[2] de l’intelligence collective, comme « du faire n’importe quoi pour devenir n’importe qui »[3] ?

Bien entendu, il ne s’agit que d’une première ébauche réflexive, où certaines limites méthodologiques risquent d’être saillantes.

Ce premier éclairage permettra peut être de mieux appréhender l’impact d’internet sur la notion d’autorité en tant que lien fondamental du lien social dans nos sociétés, telle que l’a définie Myriam Revault d’Allonnes.[4]

Pour cette philosophe politique, enseignante à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, le temps est la matrice de l’autorité, comme l’espace est celle du pouvoir. L’autorité n’est pas seulement l’autorité du passé et de la transmission, c’est aussi l’autorité du futur. Le démantèlement du monde commun serait effectivement inévitable si le propre de l’humain n’était justement pas de le réinventer. Ce rebond permanent est à la source vive de l’auctoritas. Cette faculté des commencements permet d’introduire de l’inédit, de l’imprévisible et de renouveler le lien social pour le préserver de l’usure et en assurer ainsi la permanence.

En faisant le lien entre temporalité et autorité et en le constituant comme noyau dur de la durée publique, Myriam Revault d’Allonnes redonne à l’autorité sa place essentielle, celles où prend sa source l’augmentation possible de l’individu et le pouvoir des commencements du bien commun. L’autorité devient ainsi porteuse de sens quand elle nous invite à nous réinventer par rapport aux référents et à imaginer ce que peut, pourrait être notamment le vivre ensemble.

1. L’homme hyper moderne, un Œdipe qui s’ignore ?

Avec internet et un accès quasi inégalé à la connaissance, les individus sont peut être à l’image d’Œdipe, qui sait tout grâce à l’oracle et en même temps qui n’a pas conscience de tuer son père. A Thèbes, « cet homme, qui savait tout, est aussi énigmatique », au même titre que les sujets de l’hyper modernité[5] qui ne sont pas beaucoup plus avancés sur qui ils sont, mais qui au nom de la liberté individuelle sont en quête du bonheur absolu.

Dans sa contribution notamment au livre de Nicole Aubert sur l’individu hyper moderne, Jacqueline Barus-Michel nous expliquait à quel point il n’aspirerait plus qu’à exister par la consommation permanente, par le calcul au lieu de la pensée, pour toujours satisfaire sa quête constante du plaisir, s’insécurisant, en faisant dépendre sa vie des technologies nouvelles. L’interdit, la culpabilité sur internet sembleraient alors répondre aux abonnés absents.

« Oedipe est coupable du crime le plus grand (…) : coucher avec sa mère, tuer son père. » [6]

Définition et rappel sur le complexe d’Oedipe, si besoin était : 

Freud, dès 1910, dans un article intitulé « Contribution à la psychologie de la vie amoureuse », emploie le terme de « complexe  d’Oedipe » qui restera pour lui « l’ossature même du psychisme humain »[7] : le père compromet la relation exclusive entre l’enfant et la mère et par ce tiers, l’enfant ne peut plus prétendre à posséder seul son intérêt et son amour[8]. Issus de la rivalité relative à la mère, l’enfant est tiraillé par des sentiments contradictoires à l’égard du père. L’enfant lui voue des sentiments positifs comme l’affection ou l’admiration, mais aussi négatifs comme la jalousie ou le souhait de le tuer. Pour Freud le garçon doit symboliquement tuer le père et prendre sa place pour pouvoir devenir adulte et vraisemblablement père à son tour. Si un certain nombre de questions reste ouverte sur l’universalité du mythe d’Œdipe, la communauté humaine est sans doute amenée à se constituer à travers les différences générationnelles et sexuelles.[9] Derrière l’interdiction de l’inceste ou du parricide se cachent avant tout un désir. La fonction du père est en ce sens celle de « garantir la transmission de la Loi, support inconditionnel au désir ».[10] Elle ne peut s’exercer pour l’enfant que si elle est « représentée par quelqu’un dans la psyché de la mère » même s’il s’agit d’une simple représentation de la fonction.

Toujours selon ce mythe freudien, le meurtre du père conditionne également la possibilité même de la pensée et l’apparition du sentiment de culpabilité.

Freud, dans son cabinet de Vienne, imagine lors de l’écriture de « Totem et Tabou »[11] une horde de fils aborigènes australiens qui tuent leur père parce qu’il leur interdisait l’accès aux femmes et à la jouissance sexuelle. Parce qu’il les assimilent à des sauvages cannibales, les fils mangent leur père pour récupérer son pouvoir puis se repentent et culpabilisent. «Nous posons avant tout que la conscience de culpabilité entraînée par un acte se perpétue durant de nombreux millénaires et reste efficiente dans des générations qui ne pouvaient rien savoir de cet acte» (XI.378). Dans Moïse et le Monothéisme en 1939, Freud n’hésite pas à affirmer que « les hommes ont toujours su qu’ils avaient un jour possédé et assassiné un père primitif». Cette faute rend tout aussi compte de la faute originelle, celle de l’homme qui veut prendre la place de Dieu, le Père.

Sans véritable assise anthropologique ou éthnologique et à travers la répétition du meurtre du père, Freud nous interroge ici plus spécifiquement sur l’héritage « archaïque », l’idéal ascétique répressif dans la construction psychique de l’individu et des civilisations.

2. Internet, nouvelle figure du père légal et pervers pour les plus pessimistes ?

Avec internet et plus précisément le Web, inventé en 1990 par Tim Berners Lee, tout individu, à condition d’être « connecté », a accès à l’information, la connaissance et à la puissance de calcul de manière inégalée. Pour mémoire Google a à lui seul indexé environ 30 trillions de documents sur le web, soit 30 000 milliards (source : Google, août 2012). Pour complexifier la situation, le savoir a glissé du statut de moyen quasiment le plus puissant pour donner « prise sur le monde, les événements et nous-mêmes » à celui qui « pourrait décider pour nous » : Internet nous permet par exemple de nous libérer du stockage des connaissances et de déporter notre capacité mémoire dans le Cloud, le nuage internet, mais par « l’infobésité » qu’il crée en parallèle et les enjeux d’égalité qu’il soulève, internet pose aussi la question de la mobilisation au cœur même du moteur de l’accélération, là où une information vient immédiatement en chasser une autre.

Ainsi, grâce au surplus cognitif apporté par internet, concept largement développé par Clay Shirky[12], le sujet s’affranchit des contraintes des institutions et de la pyramide hiérarchique à l’aune de relations intersubjectives plus « horizontales ». Cet investissement de chacun procure à la fois la possibilité de « s’émanciper », mais peut être aussi paradoxalement de se démobiliser face à l’immensité du champ d’action, du savoir possible et des millions de vidéos sur le « do it yourself ».

Ce phénomène d’accélération, induit notamment par internet, permet indéniablement à l’individu de gagner en liberté individuelle, en marge de manœuvre, en libre arbitre, vraisemblablement en responsabilité vis à vis du « père », comme des institutions.

Bernard Stiegler en avril 2013 lors d’une conférence au lycée Henri IV sur l’addiction à internet des jeunes générations, rappelait néanmoins qu’un grand père, un père ou un frère est en principe là pour accompagner l’enfant dans son apprentissage de la bicyclette, petites roues à l’appui (voire casque aujourd’hui), conseils et processus d’apprentissage à la clé pour éviter tout danger et gagner progressivement en autonomie. (Il oubliait sans doute aussi pour la démonstration, les mères, les sœurs, les amies qui apprennent également la bicyclette aux jeunes enfants).

Pour aller sur internet, pas de grand père, pas de figure « paternelle », pour poser tout au moins un interdit. Même si l’ordinateur familial dispose d’un contrôle parental … il suffit de disposer de l’ordinateur d’un ami, d’un cyber café, d’un smartphone, … et le tour est quasiment joué : l’enfant, a fortiori l’adolescent et l’adulte ont accès à internet et une masse de savoirs et de connaissances incroyables. Ce même sujet peut vraisemblablement plus facilement, car a priori plus en conscience, se soustraire à l’influence de l’extérieur et des normes contraignantes, au plus proche de son essence véritable, de sa singularité d’être humain.

Mais au même moment, il perd peut être aussi leur protection, notamment celle de réguler les problèmes de désynchronisation et de pouvoir apporter une forme de sérénité (sécurité ?) face à une société de plus en plus démobilisatrice, pour ne pas dire parfois désenchantée. Le faisceau de faits et de chiffres convergent vers cette réalité alarmante d’un mal être du sujet. Le stress grandissant dans nos sociétés, les phénomènes d’addiction aux nouvelles technologies sont peut être le produit de cette dislocation de la vie quotidienne qu’évoque également Paul Virilio[13] dans son ouvrage le grand accélérateur, ou encore Harmut Rosa[14] et bien sûr Nicole Aubert.

Les enjeux ici autour de la construction identitaire, sont donc non sans rappeler les deux statuts du Père à la fois pervers et légal et que l’on retrouvera dans l’œuvre de Freud.

Internet vient concurrencer le rôle de l’état, qui lui-même concurrence le rôle du père tel que l’a évoqué notamment Françoise de Singly.[15]

L’accès à internet est encore plus facilité auprès des plus jeunes enfants avec les technologies dites « tactiles » et les tablettes : d’un clic, d’un doigt et c’est le grand saut et d’une certaine manière, c’est celui lui qui fait qui sait. A ce titre, internet se différencie vraisemblablement des autres modes de transmission, d’apprentissage car il est intrinsèquement performatif. Combien de parents par exemple s’émerveillent de l’agilité de leur enfant en bas âge jouant pour la 1ère fois avec leur smartphone ou leur tablette. Admiratifs, ils ressentent peut être inconsciemment la crainte inconsciente d’être du coup beaucoup plus vite dépassés par leur propre progéniture.

Quand bien même, il me semble qu’à ce stade les sujets oublient vraisemblablement aussi que la technologie facilite fortement et à dessein cet accès par une ergonomie beaucoup plus intuitif et stimulante. Un singe (cf. expérience à Toronto avec des ourangs-outans et des tablettes), voire même un chat peuvent manipuler eux aussi une tablette …

Si l’autorité, du latin auctoritas, avec pour racine augere (augmenter) induit non seulement la dimension d’engendrement, de conservation et de différenciation, la philosophe et psychologue Ariane Bilheran souligne qu’elle est effectivement vouée à disparaître dans son exercice même, puisque son ultime dessein est d’être auteur et grandir, devenir en quelque sorte auteur de soi même.

3. De l’utopie d’Internet à un idéal ascétique répressif de nos sociétés ?

« L’utopie réduit à la cuisson. C’est pour cela qu’il en faut énormément au départ »[16] et heureusement internet n’en a pas manqué à son démarrage. Freud  écrivait dès 1938 : « Nous vivons en un temps particulièrement curieux. Nous découvrons avec surprise que le progrès a conclu un pacte avec la barbarie ».[17]

Sur Internet, il n’est peut être pas tant question de barbarie ou de liberté, mais plutôt d’un espace de libération des interdits à l’échelle individuelle comme à celle des organisations : les contraintes industrielles sont notamment levées avec des net-entrepreneurs devenus le symbole de l’entreprise horizontale (organisation allégée ou “aplatie” par suppression de certains niveaux hiérarchiques). Dans le monde du numérique l’idée au départ était de remettre les compteurs à zéro et de présupposer l’égalité. Derrière la notion d’anonymat, cher à internet, il s’agissait de remettre de la légitimité dans la communauté et tenter de sortir du capitalisme pour le réinventer. Ce sont les valeurs du début d’Internet liées au partage et une contreculture que le « Whole Earth Catalog » (cf. savoir-revivre.coerrance.org pour son équivalent en France) symbolise.

Ainsi une œuvre aussi symbolique que Wikipédia, le mouvement des Anonymous, le site en open source Ushahidi (cartographie des violences au Kenya en 2007) ou la propagation du printemps arabe via les réseaux sociaux n’auraient pu voir le jour sans cette vision égalitaire d’internet.

En parallèle la désillusion contemporaine a  pu suivre comme l’annonçait peut être déjà en 1964, le célèbre discours de Mario Savio étudiant en philosophie à Berkeley, où la peur d’être transformé en produit, ou les risques liés aux excès de la rationalisation sont annoncés : « Nous sommes une matière première qui n’a pas l’intention (…) de se laisser transformer en un quelconque produit (…) Nous sommes des êtres humains. Et cela me conduit à la désobéissance civile. Il arrive un moment où le fonctionnement, le calcul de la machine devient si odieux, vous donne tellement la nausée que vous ne pouvez plus en être ».

Pour le seul commerce sur Internet en France, avec plus de 45 milliards en jeu, 8 français sur 10 « en sont » et consomment quotidiennement sur le web.

Il est ainsi possible d’ y assouvir ses désirs les plus fous, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et dans le monde entier. Les biens commercialisés sur le web sont à la fois marchands et non marchands et y vont en effet des plus classiques (alimentaire, tourisme, transport, biens culturels, prêt-à-porter, rencontre amoureuse …) aux plus surprenants comme la vente de sa vie d’un internaute sur Ebay[18] et bien sûr aux illicites (drogues, corps, organes, enfants, armes …).

La domination des Etats-Unis sur les noms de domaine de l’Internet et les révélations de Snowden sur la NSA (National Security Agency des Etats-Unis) alimentent la fin de cette belle utopie.

En 1996, John Perry Barlow, un des fondateurs de l’Electronic Frontier Foundation tentera de réaffirmer l’indépendance du cyber espace à Davos, pour lequel aucune forme de pouvoir ne peut soumettre Internet : « Governments of the Industrial World, you weary giants of flesh and steel, I come from Cyberspace, the new home of Mind. On behalf of the future, I ask you of the past to leave us alone. You are not welcome among us. You have no sovereignty where we gather. »

Mais plus récemment, Vincent Cerf, un autre père d’Internet et aujourd’hui très proche de Google, a été consulté dès décembre 2013 par le Sénat sur les questions du « big data » qui permet à des sociétés publiques mais surtout privées de collecter massivement des données via Internet. Que dire à ce titre de la dernière loi sur le renseignement qui vient d’être votée en France ? Le transfert des données personnelles à des tiers privés ou publics s’expliquerait t-elle uniquement par « l’injonction forte à rendre visible ce que nous sommes et ce que nous faisons sur Internet sous peine d’être
 voués à une inexistence sociale et psychique », et ce que Nicole Aubert et Claudine Haroche décriront parfaitement dans leur ouvrage collectif « Les tyrannies de la visibilité » dès 2011. Vincent Cerf, visionnaire en ce sens, annonçait déjà pour sa part que le droit à une vie privée risquait de n’avoir été qu’une parenthèse.

La question politique en cours est liée à la gouvernance mondiale d’internet et pose non seulement la question de « garantir un internet ouvert et non discriminatoire », de « protéger les données personnelles et la vie privée », mais également la légitimité d’une Autorité pour se faire. A ce titre, les géants d’internet comme Google ou Facebook n’ont pas manqué de publier des rapports[19] décomptant les demandes gouvernementales d’information sur les profils de leurs membres pour discréditer tout autant les institutions qui les attaquaient sur leur non neutralité vis-à-vis de la NSA. Alors qui est encore légitime ?

La révolution numérique n’en est pourtant qu’à ses débuts.

Par crainte d’être « tué» symboliquement par la parole libérée d’Internet, l’intelligence collective, une création de valeur décentralisée et redistribuée, nos « Pères » opèrent par réaction peut être par un manque de maîtrise du sujet et de visibilité. Cette réaction prend figure d’un excès d’autorité et une tentative de récupération par le contrôle d’une révolution numérique en cours qui ne vient que de commencer et qui préfigure soit une nouvelle forme de servitude pour  les plus pessimistes « homo laborant numericus », soit celle d’un rapport plus convivial (à la « Illich »), plus fraternel aux technologies et à l’autorité, le temps peut être que les digital natives, ceux qui sont nés avec Internet, prennent les commandes ? Ce sont les enfants qui font les parents comme nous le rappelle Françoise Dolto. Michel Serres dans son ouvrage « Petite Poucette » prédit d’ailleurs qu’avec les digital natives, c’est le début d’une nouvelle ère « qui verra la victoire de la multitude, anonyme sur les élites dirigeantes de la société, bien identifiées » où « la seule autorité possible est fondée sur la compétence » avec tous ses impacts sur le management d’équipes digitales.

La question plus centrale reste sans doute celle de la fonction de la représentation du père symbolique (environnement, langage, culture…) lorsque la civilisation le permet encore.

Valérie Charolles, dans « Philosophie de l’écran », nous interroge sur les impacts de la fabrication du réel induit par internet qui opère par écho et écrans interposés. Elle nous interpelle elle aussi sur notre rapport au temps, à l’espace, au savoir et bien sûr à la décision. Mais elle nous invite aussi à revisiter les manières de penser, héritées des Lumières, devenues pour elles obsolètes pour comprendre ce monde en marche où les écrans prennent sensiblement le pouvoir. S’interroger sur les nouveaux rapports à l’autorité, c’est donc aussi s’interroger sur ce qui se cachent « derrière » les écrans, qui envahissent un quotidien a priori de plus en plus désincarné, dominé en partie si l’on en croit Bernard Stiegler[20] par l’addiction et les pulsions.

Mais parlons-nous de « la même humanité qui s’exprime autrement ou d’une autre humanité qui advient » ? Les nouvelles dualités qu’interrogent Internet sur l’identité corporelle, l’identité temporelle, l’identité communicationnelle (…) du sujet et de son lien au vivre ensemble, appellent peut être paradoxalement plus de besoins de survivance pour ne dire un souhait, un désir d’immortalité et de sécurité. C’est une hypothèse, reprise notamment par Ariel Kyrou dans son ouvrage « Google God ». Elle ne serait alors pas si éloignée de l’imago du Père éternel, ainsi que du risque d’un retour de l’idéal ascétique répressif, comme le signe d’un éternel recommencement dans la construction des civilisations ? Internet n’en a donc pas fini de manger mon père.

Auteur : Nathalie Schipounoff

[1] Lewis R. « Pourquoi j’ai mangé mon Père »

[2] https://creativecommons.org : organisation on line qui permet de partager, remixer, réutiliser légalement des contenus d’auteur.

[3] Rémy Gaillard : http://www.nimportequi.com/fr

[4] Revault d’Allones M. « Le Pouvoir des Commencements, essai sur l’autorité »

[5] Aubert N. « L’individu hypermoderne », Erès, 2006

[6] Vernant JP, « Les grands entretiens » mai 2002

[7] de Mijolla-Mellor S., Perron R., Golse B., « Dictionnaire international de la Psychanalyse , concepts, notions, biographies, œuvres, événements, institutions. », Calmann-Lévy.

[8] Brabant, G.P. « Clefs pour la psychanalyse » 1970

[9] Perron R. et Perron-Borelli M. « Le complexe d’Œdipe », Que sais-je n°2899, p. 14

[10] Croix L. « Le père dans tous ses états », de boeck, 2011

[11] Freud S. «Totem et Tabou » 1ère parution en Autriche en 1913, en France en 1924

[12] Clay Shirky, Cognitive Surplus: Creativity and Generosity in a Connected Age, 2010

[13] Virilio P. « le Grand accélérateur, Galilée, 2010.

[14] Rosa H « Accélération, une critique sociale du temps » La Découverte, 2010

[15] Castelain-Meunier C. « La paternité » Que sais-je n° 3229, p. 72

[16] Georges Blondeau dit Gébé

[17] Freud S., « L’Homme Moïse et le monothéisme », Gallimard, 1986.

[18] http://www.generation-nt.com/vendre-vente-vie-site-portail-encheres-ligne-ebay-actualite-21558.html

[19] www.facebook.com/about/government_requests

[20] http://cortecs.org/exercices/507-decortique-les-addictions-selon-bernard-stiegler-de-la-philosophie-au-rayon-promo/

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